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Interview de Cali

Cali : « J’essaie toujours d’avoir 17 ans »

En tournée acoustique dans toute la France, Cali fait une escale à l’espace Malraux de Six Fours le 26 avril. Un moment à ne pas rater car cet artiste engagé donne vraiment sa pleine mesure sur scène. Rencontre avec un taulier de la chanson française au regard toujours lucide sur la société actuelle.

« La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon coeur ». Un mot sur ce titre d’album énigmatique ?

Je n’aime pas préméditer le choix du titre d’un album, je préfère quand ça me tombe dessus par hasard. Là, ce fut le cas. J’étais en studio, il était 6 heures du matin. Un ami qui faisait l’ouverture de la pêche m’a laissé un message avec cette phrase : « La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon coeur ». Je lui ai répondu : « Tu viens de trouver le titre de mon album ». C’était instinctif. Un accident bienvenu.

Cet album est très personnel avec des hommages (Eric Cantona, Léo Ferret) ou à l’image du titre « Je regarde mes 17 ans ». Avez-vous ressenti le besoin de vous livrer un peu plus ?

Chaque album est un polaroïd des moments de ma vie, il y a toujours quelque chose d’intime, de personnel selon les époques visitées. On entend souvent dire qu’avec la sagesse on apprécie davantage les choses. Moi je ne suis pas d’accord. Quand on a 17 ans on découvre la vie, tout est nouveau. Cette sensation est magnifique. J’essaie d’avoir toujours 17 ans dans ma façon d’appréhender les choses. C’est ce que j’évoque en partie dans cet album.

Le titre « Lettre au ministre des saccages des familles et des jeunes existences dévastées » est assez fort. Quel regard portez-vous sur la France actuelle en pleine période d’élection présidentielle ?

Il faut être concerné tout le temps et ne pas suivre comme des moutons. De nos jours on est obligé d’avoir un avis on ne peut pas se contenter d’être passif et de subir les événements. Il faut toujours être dans la proposition, la contestation, la colère ou se réjouir des choses positives lorsqu’elles arrivent.

Vous avez entamé une tournée acoustique d’envergure dans toute la France. Comment se passent les retrouvailles avec le public ?

On a démarré début février et c’est génial. J’avais besoin de retrouver mes chansons lors d’une tournée acoustique. Il y a une énergie différente, les textes ressortent plus. C’est une autre émotion qui se dégage et je sors littéralement crevé des concerts. La communion avec le public n’en est que plus forte.

Vous faîte partie des tauliers de la chanson française comment jugez-vous l’évolution du milieu avec notamment l’émergence de ceux qui se sont révélés grâce à internet ou lors des émissions de TV réalité ?

Chacun a son karma, son parcours. Personnellement j’ai démarré par des bals de village il m’a fallu du temps pour arriver au sommet. Toutes ces expériences ont façonné l’homme que je suis, je ne regrette rien. L’important ce n’est pas le but, c’est le voyage. Je mesure régulièrement le chemin parcouru lorsque je me retrouve sur une grande scène. C’est d’ailleurs ce qui me gêne le plus avec la TV réalité. Propulser des gamins sur une scène immense en « prime time » est un peu trop rapide. Concernant internet j’en ai deux visions. On ne peut pas râler sur internet car il est là et c’est à nous de trouver des solutions. De plus il peut aussi avoir un intérêt réel dans certaines circonstances. Je me rappelle en 1987 de l’effervescence autour de la sortie de l’album mythique de U2 « The Joshua Tree ». J’avais été mandaté par de nombreux potes pour aller l’acheter dés l’ouverture des portes du disquaire. Ce sont des moments magiques. Aujourd’hui il n’y a plus cette attente, ce fantasme même car tout va trop vite. Quelque part c’est dommage c’est une part de rêve qui est ôtée. Et le rêve est important surtout de nos jours.

Et si j’étais….

Un sportif : Eric Cantona, la vie d’un sportif est courte mais quand elle s’arrête, une autre commence. C’est le cas avec Eric, il va devenir un super acteur. Sa vie sera éternellement faite d’étincelles et de passion.

Une femme mais pas la vôtre : La première qui me vient c’est la femme d’Eric Cantona, Rachida Brakni. Ils se sont bien trouvés. C’est une combattante absolue.

Un plat auquel vous ne pouvez résister : La cargolade, un plat catalan à base d’escargots grillés avec aïoli. Un délice.

Un film : « La vie de bohème » de Aki Kaurismaki on dirait un poème avec des images dessus. Il y a des moments de fou rire absolu et de chagrin absolu. Un film qui me retourne complètement.

Une chanson : « The pan within » des Water boys en 1984. J’ai pleuré lorsque je l’ai entendue pour la première fois. J’étais adolescent et c’était la période où je me cherchais. Depuis j’ai eu la chance de partager beaucoup de choses avec eux.

Une qualité : La sincérité, ne jamais se mentir à soi-même.

Un défaut : Mentir je le cultive malgré moi (rires)

Un rêve : J’en ai un milliard mais me réveiller au milieu de l’Atlantique sur un bateau au milieu de la folie des vagues en poussant des hurlements reste mon préféré.

An. D.

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