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Interview Hubert Falco

Hubert FALCO : Maire de Toulon
Le maire de Toulon a eu la gentillesse de répondre à nos questions en ce début d’année 2013 afin de passer en revue différents sujets. Rencontre avec un Hubert Falco fier de son RCT et des installations locales mais aussi désireux de responsabiliser les présidents d’associations bénéficiant des subventions.

 
 
Mr le maire, après le splendide palais des sports de Toulon, la réhabilitation du complexe Font Pré a doté dernièrement la ville d’un nouvel écrin merveilleux pour les sportifs locaux de tous bords. Un mot sur ce projet ambitieux ?

Ce n’est plus un projet mais bel et bien une réalité ! Nous avons inauguré le nouveau complexe sportif Léo Lagrange le 6 février dernier. Il est devenu l’un des plus beaux complexes sportifs de la région. Sur une surface de 7 hectares, nous avons créé un pôle scolaire avec 5 terrains multi-sports, un anneau d’athlétisme, 26 vestiaires et une salle des professeurs. Côté pôle compétition, outre le terrain d’honneur foot et rugby, ce sont également 2 terrains d’entraînement en synthétique, 1 piste d’athlétisme, 8 couloirs homologués européens, 4 sautoirs en longueur, 3 aires de saut à la perche, 12 vestiaires, 1 parking sécurisé en sous sol de 300 places… le tout dominé par deux tribunes couvertes de 1 500 et 1 045 places. Cette magnifique structure a une capacité d’accueil de 200 000 personnes par an, dont près de 150 000 scolaires. À la suite de la Ferme des Romarins inaugurée en 2011, sur 4 hectares, et du Palais des Sports à l’Ouest, il vient compléter, à l’Est de Toulon, une offre d’accueil de la pratique sportive pour tous de très grande qualité. Il n’y a pas de grand territoire sans une politique sportive et culturelle ambitieuse.

Le sport occupe une place prépondérante dans votre raisonnement. Vous avez soutenu le STV contre vents et marées, que représente pour vous le fait que Toulon soit aujourd’hui l’une des villes les plus sportives de France (HTV, RCT, Toulon-St-Cyr, Boucaniers) ?

Donner une place importante au sport, c’est pour moi se donner les outils d’une meilleure cohésion sociale, car celle-ci passe aussi par le sport. Le sport a ce formidable atout de pouvoir se mettre à la portée de chacun de nous. Le sport de compétition, bien sûr, nous fait vibrer à l’unisson et les clubs emblématiques, en faisant de nous de fervents supporteurs, permettent de nous réunir et de donner une image et de la fierté à des villes et des territoires entiers, mais le sport est aussi un moyen de se surpasser individuellement, de susciter et d’entretenir le lien social, de se maintenir en forme, et cela de 7 à 77 ans ! Alors oui, je suis heureux de contribuer à faire de Toulon une ville sportive, de soutenir toutes les formations quelles que soient leur importance et de rendre la pratique sportive accessible à toutes et tous dans des structures de qualité.

Que vous inspire les déboires récents du HTV et des Boucaniers ?

Les clubs sportifs ont une comptabilité à tenir et sont redevables de l’argent public qui les alimente à 95%. Leurs dirigeants ont accepté des responsabilités qui les engagent. Comme vous le savez, le HTV a terminé dernier du championnat des Pro A la saison dernière, il a donc été rétrogradé en Pro B, c’est pourquoi, selon la règle fixée pour tous les clubs, notre subvention a baissé, tout en restant à un niveau conséquent. Nous ne sommes pas responsables du choix des joueurs et des entraîneurs, ni du projet sportif. À chacun ses responsabilités. Nous mettons en outre à la disposition du HTV les équipements du Palais des Sports gratuitement.

En ce qui concerne les Boucaniers, nous n’avons pas baissé d’un centime notre subvention pour 2013 malgré un contexte budgétaire très tendu. Si des problèmes ont surgi avec la ville de La Garde et le gestionnaire de la patinoire, je le regrette mais cela ne saurait être du ressort de la ville de Toulon.

A l’inverse pensez-vous que le RCT va ramener le Brennus sur la rade ?

Tout le monde sait combien je suis un fervent soutien du RCT depuis toujours, dans ses moments de gloire, comme dans ses périodes difficiles. Le RCT, et ses valeurs, Mayol en coeur de ville, font partie de l’identité toulonnaise. Aujourd’hui, le parcours qu’il effectue est évidemment tout à fait remarquable, il nous donne de la force et véhicule une image positive de Toulon dans la France entière. Alors bien sûr que j’ai bon espoir, avec les Toulonnais et les Varois, et tout comme les 15 000 supporteurs qui viennent dans notre emblématique stade Mayol à chaque match, que le Brennus revienne à Toulon !

Au rayon culturel l’apport du théâtre Liberté et un complément idéal de l’opéra de Toulon. Donner une nouvelle impulsion culturelle était-elle l’un de vos objectifs ?

Toulon n’a plus à rougir de la qualité et de la diversité de son offre culturelle, n’en déplaise à certains esprits chagrins. Le théâtre Liberté, dirigé avec beaucoup de talent et d’ouverture d’esprit par les frères Berling, attire un public nombreux et déjà fidèle, bien au-delà de la seule ville de Toulon et en complément de celui de l’Opéra, structure publique dirigée remarquablement par mon ami Claude-Henri Bonnet.

Ce pôle d’excellence qui rayonne sur l’agglomération toute entière, vient apporter sa pierre à l’édifice culturel patiemment construit par Toulon Provence Méditerranée et complète les très belles structures que sont déjà les écoles du Conservatoire National de Musique qui accueillent sur l’ensemble du territoire 5 000 élèves, l’Ecole d’Art à Toulon, Châteauvallon à Ollioules, le pôle jeunesse des Comoni au Revest, la Villa Noailles à Hyères, la villa Tamaris Pacha à La Seyne qui mettent désormais elles aussi en scène des évènements culturels dont la notoriété ne cesse de s’étendre.

Vous avez su durant votre mandat embellir la ville sans pour autant la dénaturer historiquement. Quels sont vos prochains grands projets ?

J’aime l’idée de réconcilier Toulon et les Toulonnais avec les blessures de leur histoire. Ces blessures sont vivantes dans la mémoire collective et certaines ont marqué d’une empreinte indélébile l’urbanisme de cette ville. Nous les portons avec fierté et il est de notre devoir de respecter la mémoire du passé tout en révélant les beautés d’une ville qui s’est longtemps boudée elle-même.

Révéler la beauté d’une ville, c’est d’abord la rénover, la nettoyer, l’éclairer, la végétaliser, la sécuriser aussi pour que chacun puisse la parcourir en toute tranquillité. C’est respecter et mettre en valeur l’identité de nos quartiers. Ce travail là n’est pas toujours spectaculaire mais il demande un effort de tous les jours.

Ensuite, les « grands projets » qui concernent le développement économique, les lieux de vie, les lieux culturels et sportifs, les lieux de détente ; autant de facteurs d’attractivité et de développement d’une ville, doivent à la fois conjuguer esthétisme, modernité et mise en valeur du site. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire notamment avec le Palais des Sports dont la réalisation a permis également d’exhumer et de mettre magnifiquement en valeur les fortifications de Vauban, mais également l’hôpital Sainte-Musse inauguré en 2012 et dont l’élégant bâtiment a été la pierre d’angle de la rénovation de tout un quartier.

Les grands projets en cours vont dans ce sens, je pense au Pôle Universitaire en train de sortir de terre sur la dalle des Ferrailleurs et qui amènera 2 000 étudiants supplémentaires en coeur de ville à partir de janvier 2014, je pense au nouvel éco-quartier sur le site de l’ancien hôpital Font Pré dont nous finalisons le projet, nous avons également de belles réalisations à venir en coeur de ville de nature à dynamiser le développement du centre ancien.

De nombreux autres projets économiques, culturels, sportifs et sociaux seront développés dans notre futur projet pour Toulon que nous soumettrons à l’arbitrage des Toulonnaises et des Toulonnais lors de la prochaine échéance municipale et bien sûr parmi ces projets, il y aura les transports et le Transport en Commun en Site Propre.

N’oublions jamais la citation de René Capitan, « Le pouvoir nous vient du peuple et revient toujours au peuple ». C’est lui qui donnera la légitimité aux équipes en place pour travailler pour Toulon.

Et si j’étais…

Un film : Il était une fois dans l’Ouest, de Sergio Leone, chef d’oeuvre absolu du western spaghetti.

Une chanson : Ne me quitte pas, de Jacques Brel, pour l’incomparable émotion qu’elle dégage.

Un sportif : les grands sportifs me font tous rêver, ils représentent tellement de talent et d’abnégation.

Un souvenir marquant : en 2002, ma première réunion du conseil des ministres à l’Elysée.

Un plat auquel vous ne pouvez résister : une assiette de pâtes avec un filet d’huile d’olive et du parmesan

Une femme mais pas la vôtre : ma mère

Une qualité : le travail et la persévérance

Un défaut : l’impatience…

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