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Interview Philippe Saint André

Philippe Saint André : « Michalak arrive à totale maturité »

Le sélectionneur des Bleus revient sur cette probante tournée d’automne avec 3 victoires contre l’Australie, l’Argentine et les Samoa. Mention spéciale à un exceptionnel Michalak et clin d’oeil à la formation « made in Toulon ». Rencontre avec un PSA toujours toulonnais quelque part.

De l’extérieur on a l’impression qu’un groupe est né lors de cette tournée d’automne. Qu’en pensez-vous ?

C’est le cas. Il y a eu des nouveaux joueurs qui ont été appelés comme Dulin ou Machenaud et l’osmose avec les cadres comme Michalak ou Nyanga a été excellente. Un nouveau capitaine aussi avec Pascal Papé qui a été parfait en l’absence de Dusautoir. L’état d’esprit a été fabuleux et je pense que les supporters français n’ont pas eu de mal à s’identifier à cette équipe. Il y a eu du plaisir sûr et, en dehors du terrain, cela s’est vu. Beaucoup de sourire aussi et de complicité. Dans mon discours, j’ai insisté sur le fait que les rugbymen professionnels sont des privilégiés. Il n’y a qu’à regarder autour de nous pour le comprendre. Donc si on peut donner du plaisir aux gens et en prendre soi-même il ne faut pas se priver. On fait le plus beau métier du monde.

En tant que sélectionneur, la faculté d’adaptation de votre équipe est-elle la plus grosse satisfaction ?

L’équipe a su s’adapter à des adversaires aux caractéristiques différentes. C’est vraiment intéressant. Cela montre une certaine intelligence collective qui permet de voir loin. Même contre les Samoa alors qu’il n’y avait plus d’essence dans le réservoir, les joueurs ont su arracher la victoire en montrant de la discipline et de la patience. Sans oublier l’éclair de Michalak avec ce contre suivi d’un essai déterminant.

Justement Michalak a illuminé de toute sa classe cette tournée d’automne. Vous attendiez-vous à un retour aussi tonitruant ?

Fred arrive en totale maturité. Depuis son passage aux Sharks en Afrique du Sud c’est quelqu’un de différent. Il est devenu papa et on sent bien qu’à Toulon il est dans son élément. Il prend du plaisir et cherche à en donner. Le RCT est leader du Top 14 et de sa poule de H Cup. Michalak et comme les autres joueurs de Toulon c’est-à-dire en pleine confiance. C’est un joueur de classe mondiale mais aussi quelqu’un de très exigeant avec lui-même. C’est notre Wilkinson. Il a donné une belle image aux jeunes. Il est comme le bon vin, plus il vieillit meilleur il est. L’objectif général était de gagner les 3 matches. Le dire fait rire mais le faire fait taire. C’est bien pour le staff et le rugby français en général. On avance.

Vous avez sélectionné dans votre liste élargie des garçons comme Gunther, Ficku, Martin ou Maestri. C’est une belle victoire pour la formation « made in Toulon ».

Lorsque je suis arrivé au RCT, il y a 3 ans, l’idée était de mettre en place des structures pour favoriser l’explosion des jeunes. À l’époque nous avions recruté beaucoup d’étrangers car il y avait une obligation de résultats rapides. Néanmoins nous voulions structurer le club et cela passe par une politique de formation efficace. Le RCT et l’équipe de France en tirent aujourd’hui les bénéfices. Je pense aussi à des éléments comme Orioli, Ivaldi ou Sinzelle. Il faut remercier Mourad Boudjellal et Hubert Falco qui ont donné les moyens au club de grandir avec notamment une salle de musculation de premier ordre, sans doute l’une des plus belles de France. Je me rappelle que les espoirs arrivaient à 6h30 avant les professionnels. Le fait aussi de côtoyer des joueurs d’expérience comme Mignoni, Bruno ou Wilkinson leur a ouvert les yeux concernant l’hygiène de vie à avoir et l’importance de la préparation physique. Le travail paie sur la durée.

Le RCT va t-il être champion cette saison ?

C’est tout le mal que je souhaite au club. L’an passé il n’a pas manqué grand chose. Avant il y avait le stade toulousain et Clermont-Ferrand maintenant Toulon se mêle à lutte. C’est déjà une victoire. Le retard a été comblé grâce au travail de fond entrepris depuis plusieurs années avec un recrutement et une formation efficaces. Aujourd’hui le RCT est craint et respecté.

Votre successeur Bernard Laporte va prolonger 2 ans au RCT. Est-ce un signe fort ?

Oui c’est le cas car il est important pour les joueurs de s’inscrire sur la durée. Bernard Laporte a apporté sa patte, sa personnalité. Il a eu l’intelligence de conserver la quasi-intégralité du staff. Il n’a rien chamboulé. Aujourd’hui il ne manque plus qu’un titre au RCT. C’est normal qu’il prolonge car son travail porte ses fruits.

Avez-vous digéré la demi-finale il y a 3 ans à Geoffroy Guichard contre Clermont-Ferrand avec cet essai accordé à tort aux «Jaunards » ?

Franchement non pas encore car j’étais venu à Toulon pour ramener un titre. Il y a cet essai mais aussi une pénalité de Wilkinson refusée alors que le doute est permis. Tout se joue sur des détails. Le regret vient du fait que si on passe, je suis convaincu qu’on gagne en finale contre Perpignan. On avait un ascendant sur eux après leur avoir mis 30 points au Vélodrome. Je ne suis pas frustré ni aigri, mais j’ai des regrets car ramener le Brennus sur la Rade aurait été énorme. À mon avis, ça ne va pas tarder.

An D

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